Saab : c'est presque la fin

Publié le par max13

Saab logo

On se croirait revenu en avril 2005, au moment où le groupe MG-Rover faisait définitivement naufrage. Cette fois-ci nous sommes en 2011 et la marque qui menace de disparaître n'est autre que Saab...

Le constructeur suédois avait plus d'une fois échappé au massacre. Racheté par GM dans les années 1990, il est revendu en 2010 à la marque Spyker, lorsque GM doit se restructurer. A noter qu'à l'époque Pontiac, Saturn et Hummer n'avaient pas eu droit à cet honneur... Au final, si la marque se retrouve enfin indépendante, elle se retrouve aussi à lancer définitivement la nouvelle 9-5 et finaliser le 9-4X tandis que les projets devant mener au remplacement de l'actuelle 9-3 se poursuivent. Tout semblait donc bien parti...

Il faut bien avouer que malgré ce dynamisme apparent, Saab cumule les défauts. Déjà c'est la vieille 9-3 qui représente la majeure partie des ventes et elle continue de souffrir dans un monde où la concurrence se renouvelle de plus en plus vite. Il manque également à Saab un modèle plus compact pour faire du chiffre et dégager des bénéfices plus généreux. Le problème est que pour financer ses futurs projets, Saab a besoin d'argent. Un premier prêt est donc contracté. Il sert à rembourser une partie des dettes, lancer la fabrication de la nouvelle 9-5 et financer les études du 9-4X. S'en suit un nouveau prêt qui fait suite au lancement du 9-4X tandis que dans la foulée Saab subit un premier revers. Suite à des ventes en chute libre, Saab se trouve contraint par ses fournisseurs d'arrêter la fabrication des voitures une première fois, le temps de trouver de l'argent frais. Un nouveau prêt, la vente des terrains de l'usine (que Saab louera donc...) et un accord de paiement avec les fournisseurs parviendra à régler le problème une nouvelle fois.

Durant ce temps, les ventes de Saab continue de souffrir et cette fois-ci il faut trouver un repreneur, et vite. C'est alors qu'interviennent des constructeurs chinois, Youngman et PangDa, qui proposent non seulement une quantité non négligeable d'argent frais à Saab, l'ouverture des marchés chinois mais aussi un vrai réseau de distribution en échange d'une entrée dans le capital de la marque. L'idée est approuvée mais il reste à la faire accepter auprès des autorités chinoises, qui mettent du temps à répondre.

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Le temps, Saab n'en a plus aujourd'hui. La production est à nouveau arrêtée au mois de mai, marquant un nouveau revert pour la marque. Le paiement des salaires des employés au mois de juillet a été "juste", et pour le mois d'août rebelote avec à nouveau des retards dans les paiements, faute de trésorerie. La situation devenant extrême, Saab doit prendre les décisions qui s'imposent. Le 07 septembre, pour gagner du temps, la marque suédoise demande à se placer sous administration judiciaire, le temps de trouver une solution mais aussi pour repousser le spectre de la faillite. La demande déposée auprès de la justice suédoise, la surprise survient le lendemain, le 08 septembre 2011 : la demande est refusée ! La justice a donc estimée que Saab n'était actuellement plus en mesure d'honorer ses dettes même avec un plan de restructuration présenté à la cours. Pour le constructeur cela signifie tout simplement que désormais fournisseurs et même comité d'entreprise peuvent à tout moment demander la mise en faillite du constructeur.

La partie n'est pourtant pas terminée. Non seulement Saab compte faire appel de cette décision, mais également elle attend toujours que Youngman et PangDa donnent leur feu vert, lançant alors la restructuration du constructeur qui serait cette fois sorti de l'ornière une nouvelle (et dernière ?) fois. Les jeux ne sont donc pas tous faits mais les chances sont minces pour qu'un tel cas de figure se produise...

Autre hypothèse, vérifiée lors de la faillite de MG-Rover. Youngman et PangDa sont parfaitement au courant que Saab ne passera pas 2011 et attendent que la marque fasse faillite pour ne racheter que ce qui les intéressent. Elles n'auront donc plus à supporter le poids des dettes impressionnantes que Saab a accumulé et repartiraient à zéro avec un Saab enfin débarrassé de ses créanciers. En outre, le prix de rachat en serait également considérablement réduit. Quel avenir donc pour Saab ?

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Publié dans Saab

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