L'histoire de la première Citroën C5, première berline de la gamme C
Alors que la XM et la Xantia vieillissent doucement, chez Citroën dès le milieu des années 1990 on pense au renouvellement des voitures. Initialement il était prévu de faire deux modèles distincts : une nouvelle génération de Xantia, au style plus affirmé, et une version de série du prototype C6 Lignage qui avait fait sensation en 1999.
Les études
La naissance de la C5 intervient au moment où la direction de Citroën met un terme au projet de renouvellement de la Xantia. Les raisons de cette décision demeurent obscures. Dernière Citroën de l'époque de Jacques Calvet, le projet de la C5 démarre en trombe. Nous sommes en 2000, le lancement de la voiture doit intervenir en 2001 ! Cette course contre la montre expliquera plus tard en partie les problèmes de fiabilité sur lesquels nous reviendrons...
Toujours est-il que deux critères principaux semblent avoir été suivis : sécurité et confort. Sécurité tout d'abord pour rattraper le retard qu'avait prit la Xantia sur la concurrence. Ainsi, la structure sera étudiée de telle sorte qu'elle puisse supporter des chocs violents sans que les passagers n'en souffrent trop. Airbags frontaux et latéraux seront de mise, sans oublier l'ABS en série (que la Xantia conservait en option) et l'ESP. Lors de sa sortie, la C5 décrochera 4 étoiles à l'EURO NCAP là où la Xantia n'en avait décrochée qu'une.
En terme de confort, il s'agit pour Citroën de maintenir son image. La C5 sera donc particulièrement confortable avec notamment une nouvelle génération de la suspension Hydractive, qui procurera un meilleur confort et une meilleure tenue de route que l'Hydractive de la Xantia, et avec une sellerie réalisée dans un soucis de confort. Au passage, l'habitacle de la C5 se veut plus cossu que celui de l'ancienne familiale qu'elle doit remplacer et de la concurrence en général. La future Citroën devra en effet jouer les rôles de la familiale avec des motorisations sages mais aussi de haut de gamme avec notamment l'appui de V6. La voiture va donc ratisser large, trop large peut être...
D'un point de vue historique, elle est la première Citroën moderne à ne plus porter de X dans son nom. Ce dernier, symbole de reconnaissance et savoir-faire, est abandonné au profit de la lettre, qui désignera la nouvelle gamme à venir. Cette future gamme aura la lourde de tâche de montrer que Citroën a définitivement tourné la page et fabriquera désormais des véhicules à la personnalité plus affirmée.
Côté motorisations, il n'y aura pas de révolutions. La gamme sera composée de motorisations empruntées tantôt à la Xantia, tantôt à la 406 mais aussi à la toute nouvelle Peugeot 607.
Le lancement
La nouvelle berline Citroën C5 est commercialisée en France au mois de mars 2001. Alors que la XM a quitté discrètement la scène depuis bientôt 1 an, la C5 symbolise le nouveau haut de gamme. Dans un premier temps, la Xantia est conservée au catalogue jusqu'au mois d'octobre 2001, le temps d'effectuer la passation de rôle. Très classique d'allure, la C5 cache pourtant quelques innovations : nouvelle suspensions mais aussi le multiplexage, une grande première chez Citroën.
La gamme se compose comme suit :
- en essence :
* 1.8 : 110 ch
* 2.0 : 134 ch
- en diesel :
* 2.0 HDi : 90 ch
* 2.0 HDi : 110 ch
* 2.0 HDi : 131 ch
Nous sommes loin du downsizing actuel... Quelques mois plus tard, la gamme s'élargie avec l'arrivée d'un nouveau V6 essence 3.0 de 210 ch. Le bloc s'avère plus puissant que les V6 des défuntes XM et Xantia qui faisaient respectivement 200 et 190 ch. Il est accouplé uniquement à une boite automatique.
D'abord lancée en berline, la version break de la C5 est dévoilée la même année. La gamme est désormais complète et la C5 peut attaquer sa carrière.
Manquant terriblement de caractère, la C5 a tout de suite misée sur son confort pour séduire. Les rivales, comme la future Renault Laguna, n'auront aucun mal à concurrencer la timide Citroën.
L'arrière ne présente pas non plus des lignes révolutionnaires. Toutefois, la C5 possède un très pratique hayon qui lui donne l'avantage, par rapport à la Peugeot 406, de pouvoir être chargée ou déchargée plus facilement.Le coffre est grand : 456 litres quand même.

Par rapport aux Xantia et XM qu'elle remplace, la C5 possède un habitacle nettement plus moderne. Les lignes rondes manquent toutefois d'audace, la concurrence présentant des tableaux de bord au style plus affirmé ... et mieux finis. La finition moyenne fera partie des défauts de la C5.
Comme les routières Citroën, l'habitacle se voulait être une invitation au voyage.
Existe aussi en break !
Le break qui arrive quelques mois plus tard avance davantage d'arguments. Citons tout d'abord un coffre dont le volume atteint 563 dm3, soit un des plus logeables de sa catégorie ! Ce volume peut passer à 1 658 dm3 une fois la banquette arrière rabattue. Autre avantage, le seuil de chargement assez bas, grâce notamment aux feux verticaux qui dégagent une large ouverture et surtout à la suspension hydropneumatique qui permet de moduler la hauteur de charge. Le break C5 trouvera son public, en attirant les familles à la recherche d'une familiale spacieuse et pratique.
Le break Tourer n'avance pas un châssis dynamique mais une bonne tenue de route en charge comme à vide, ceci étant principalement dû à la suspension hydropneumatique, qui avait jusque là toujours fait ses preuves depuis la DS de 1955.
La C5 Tourer reste aussi classique que la berline dont elle dérive. Qu'importe, les qualités sont ailleurs.
Grâce à son coffre très logeable et à sa suspension efficace, le break trouve son public plus facilement que la berline.
Comme vous pouvez le constater, la version V6 ne se distingue que très peu de la version classique. Tout au plus on notera les jantes alliages de série, qu'on ne retrouve qu'en option sur les autres modèles.
Début de carrière
Le lancement de la C5 se faisant en catastrophe, c'est donc une voiture à peine terminée qui commence à être produite. Les problèmes arrivent inévitablement. Citons le joint du coffre manquant d'efficacité qui provoquera un rappel des premières C5, un multiplexage capricieux et d'autres problèmes électroniques sans compter le manque de fiabilité de certaines motorisations.
La première année, 189 000 C5 trouvent preneurs en Europe. C'est peu et beaucoup à la fois, peu parce que certaines concurrentes font nettement mieux, beaucoup parce que pour un modèle mal né comme la première C5, c'est heureux qu'elle se vende dans ces proportions. Citroën soigne néanmoins le rapport qualité/prix de sa C5 en proposant des petites motorisations qui lui permettent d'obtenir un tarif d'appel relativement bas.
Les premières campagnes de publicité pour la nouvelle C5 sont d'une grande banalité également. Citroën voulait des publicités sobres, mettant bien en valeur les qualités du produit.
La sécurité offerte par la voiture vaut par contre un bon point. Ainsi, la C5 est la première Citroën a être réellement sûre. Il faut dire que le niveau n'était pas non plus très élevé : la Xsara avait souffert d'un airbag conducteur défaillant à l'EURO NCAP, la Saxo n'était qu'un dérivé d'une 106 lancée en 1991, quant aux Xantia et XM avec un ABS en option il était dès lors évident que la sécurité n'était pas leur fort, bien qu'elles puissent aussi embarquer des airbags latéraux.
Le style de la C5 devient plus expressif, cela lui permet de résister face à la concurrence qui se renouvelle petit à petit.
L'arrière peut paraître plus lourd que celui de la version précédente. Notez que le hayon reçoit lui aussi sa barrette chromée, comme la Xsara phase 2 d'ailleurs.
L'habitacle profite également du restylage. De nouveaux matériaux plus valorisants font leur apparition ainsi que de nouveaux compteurs et un système de navigation optionnel. L'équipement est enrichie et des équipements de sécurité tels que l'Alerte de Franchissement Involontaire de la Ligne (AFIL) et des projecteurs directionnels font leur apparition.
Le break C5 se dote d'un style plus homogène que précédemment. Ses qualités premières restent en revanche inchangées, tant mieux parce que la nouvelle Peugeot 407 break dispose d'un coffre nettement plus petit, les breaks commençant déjà à privilégier le style à la praticité...
Le profil de la C5 est rehaussé d'une barrette chromée qui se place sur les bas de caisse. Notez au passage les nouvelles jantes alliages.
Contrairement à la face avant, l'arrière n'évolue que très peu et reçoit simplement une barrette chromée au dessus de la plaque d'immatriculation et des feux dont l'intérieur a été modernisé.